Bienvenue sur le jardin de Pestoune

Bienvenue sur le jardin de Pestoune


Bonjour et bienvenue sur le jardin de Pestoune. Vivant dans la campagne Franc-Comtoise, j'ai la chance de posséder un jardin. Dans ce blog, je voudrais partager avec vous mes expériences en matière de jardinage. Et j'espère pouvoir échanger avec vous, amis lecteurs, des conseils.

mardi 3 février 2015

Les différents types de fumier




Il y a différentes sortes de fumier, chacun amenant un amendement qui lui est propre comme nous allons le voir. Vous avez les fumiers dits froids, les fumiers dits chauds et pour chacun un type d’utilisation.
Une règle d’or dans un potager (je précise car en agriculture le raisonnement et les besoins sont différents) : ne jamais utiliser de fumier frais ! En effet, il contient des bactéries pathogènes et des graines de mauvaises herbes qui ne demandent qu’à germer, le compostage étant une fermentation, détruira ces éléments. En outre, le fumier frais enfoui dans le sol ne se décompose que très lentement car il n’est pas oxygéné, et le processus risque d’appauvrir le sol en azote. Il faut donc toujours le composter. Nous verrons comment procéder.
Sachez également que le fumier, quel qu’il soit, n’est pas un engrais mais un amendement, c’est-à-dire qu’il améliore la structure du sol et augmente l’activité biologique. 


Les fumiers chauds

Le fumier de cheval ou d'âne ou de mulet

C’est probablement le meilleur des fumiers. C’était le fumier dont on se servait pour les couches. Sa chaleur dégage 80° en moyenne, c’est  pour cela qu’il permettait la constitution des couches chaudes mais à dose plus faible qu’avec un autre fumier.
Mettez tous vos légumes coriaces comme les trognons de choux, les pelures d’agrume à décomposer avec le fumier de cheval, sa chaleur aidera à démarrer leur décomposition.
Il apporte de l’azote au sol. Il ameublit les terres lourdes.
Sa conservation demande un fort tassement et des arrosages réguliers. Parfois un champignon l’envahit, causant une déperdition en azote. Chaque fois que vous constaterez sa présence, un arrosage du tas s’impose.


Le fumier de mouton et le fumier de chèvre.
 
C’est également un fumier chaud de grande qualité à employer dans les terres fortes et argileuses. Son action est plus durable que celle du fumier de cheval.  Il faut bien le composter sans quoi, il brûlerait tous vos semis et plantations. Il est important pour le compostage de bien l’émietter avec une fourche car c’est un fumier compact et sec et son processus de fermentation est plus lent. Incorporez-y de la vieille paille, vos déchets verts et arrosez-le. Il  faut en moyenne 3 mois pour avoir une bonne fumure décomposée. Si l'année n'est pas suffisamment pluvieuse, mieux vaut l'arroser de temps en temps car le compostage sera beaucoup plus long.
C’est un fumier riche en potasse. 

Le fumier de basse-cour (colombine ou poulaitte)



La colombine est la fiente de pigeons.
C’est un produit très riche et très concentré particulièrement en azote. Il a une action coup de fouet. Même à faible dose, il exerce une action énergique sur les légumes, surtout sur les légumes-feuilles et les cucurbitacées.
Si vous n’avez pas de colombine, vous pouvez vous servir de poulaitte formée par les déjections de basse-cour. L’action est moins énergique que la colombine.
N’employez pas ces amendements en couverture car ils brûleraient les plantes. Faites les composter sous une bâche pour les protéger du soleil et de la pluie. N’ajoutez ni cendre, ni scories et encore moins de la chaux car ça provoque de sérieuses déperditions d’azote.
Utilisez-le avec modération seul et étendu d'eau ou, mieux, incorporez-le à un compost d'herbes fraîches ou de feuilles mortes.



Les fumiers froids

Le fumier de vache


Un incontournable et celui que l’on peut trouver le plus facilement. Fumier froid, il ne brûlera pas vos légumes.
C'est peut-être celui que vous pourrez trouver le plus facilement.
Il est polyvalent mais convient particulièrement bien aux terres légères sableuses pour leur donner une bonne consistance.
La présence importante de paille dans ce fumier apporte de l’humus au sol lors de sa décomposition.


Le fumier de porc

C’est un fumier qui a mauvaise réputation car son action est courte et il est très aqueux donc difficile d’emploi.
Cependant certains légumes comme le céleri et le poireau l'apprécient beaucoup.
Elément non négligeable, il semble avoir une action répulsive contre les taupes.
Sa richesse en potasse peut en faire un atout.  


Le fumier de lapin

Il ne présente pas grand intérêt en raison de sa pauvreté en élément fertilisant.


Divers

Le guano 

Le guano est un fertilisant composé des excréments d’oiseaux marins et de chauves-souris. Il n’est pas considéré comme un amendement mais comme un engrais en raison de sa richesse importante en azote et en phosphore. Il est assez comparable avec la colombine ou la poulaitte.
On l’épand avec les semis et les repiquages pour favoriser la croissance des plants


Les fumiers déshydratés et pulvérisés du commerce.

Ils peuvent être de bonne qualité. A vous d’être vigilant sur ce que vous achetez. Certains peuvent contenir des résidus d’antibiotiques. Des fabricants les enrichissent de produits chimiques de synthèse.
Ils sont néanmoins d’un emploi facile. Et pour les jardins citadins ils sont plus faciles à obtenir, transporter et stocker qu’un véritable fumier.


Bien composter son fumier

La plus simple façon de faire est du fumier vieilli. C’est ce que je fais. Je dépose le fumier dans un coin de mon pré à la fin de l’hiver. Je l’émiette à la fourche et fais un beau tas. Puis je le recouvre de cendre de bois pour éviter le lessivage des pluies. Si vous n’avez pas de cendre, une couche de paille fais l’affaire. Et je l’oublie jusqu’à la fin de l’automne où je le répands sur mon potager, mes arbustes fruitiers et décoratifs… Au printemps suivant, je le mélange à de la terre pour faire mes jardinières fleuries.
Hormis mon fumier vieilli, je réserve une partie du fumier pour le faire composter dont je me sers plus volontiers au moment des semis et des plantations. En effet avec la fermentation au cours du compostage, toutes les bactéries, ainsi que les graines de mauvaises herbes seront détruites par la chaleur si la fermentation dure assez longtemps (au moins 6 semaines de dégagement de chaleur). Pour cela, il faudra retourner le tas 2 fois en un mois et demi.
Mais pour avoir un équilibre en fertilisant il est important qu’il y ait de la paille (au naturel comme pour le fumier de vache ou par adjonction) mais vous pouvez aussi y mettre des déchets verts broyés.
Si vous constatez que le fumier est trop sec, n’hésitez pas à l’arroser.

Si toutefois vous n’avez pas la place de faire un tas de fumier à composter et que vous souhaitez vous servir de fumier frais. Il vous faudra l’étendre à l’automne et surtout ne pas l’enfouir. En effet si vous l’enfouissez, le fumier privé d’oxygène ne se décomposera pas mais pourrira. En même temps au lieu d’apporter de l’azote, il pompera celui du sol. Donc vous l’étendez sur votre terre et vous le laissez en place pour l’hiver. Au printemps, il s’incorporera au cours des binages.

 

lundi 2 février 2015

Cuisiner le navet




               La poule au pot aux petits navets et carottes nouveaux
 
Pour 4 personnes
 
1 poule de 2,5kg
1 bouquet garni
1 oignon
Fleur de sel
Poivre du moulin
Clous de girofle


Garniture
 
2 branches de persil plat
1 botte de carottes
1 botte de petits navets
2 poireaux
2 rutabagas
2 panais



Sauce blanche
1dl de crème
30g de beurre
30g de farine
0,4 litre de bouillon


Epluchez et lavez les légumes. 
Mettez  la poule dans la marmite avec le bouquet garni, l’oignon piqué de clous de girofle, quelques grains de poivre et le sel. Mouillez à hauteur (environ 4 l d’eau) et laissez cuire à petits frémissements.

Après 1h de cuisson, ajoutez tous les légumes.

Laissez cuire à feu doux environ 2 heures tout en veillant que la poule soit toujours mouillée à hauteur.

Sauce blanche : préparez un roux, faites fondre le beurre. Ajoutez la farine puis du bouillon de poule et la crème.

Egouttez la poule, découpez-la et dressez-la dans un plat avec les légumes autour. Servez la sauce blanche à part.



Magret de canard aux navets confits au miel.



pour 2 personnes


2 magrets de canard

50 g d'amandes concassées (pas moulues)

20 g de beurre

1 cuillère à café de gros sel

50 g de miel liquide

8 navets

2 blancs d’œufs

Sel, poivre

2 cuillères à café de thym




Lavez et épluchez les navets et faites-les cuire dans de l’eau bouillante salée dans laquelle vous aurez mis le beurre pendant 15 mn.


Faites fondre le miel dans une casserole et ajoutez-y les navets que vous ferez caraméliser à feu doux 10 minutes. Déglacez avec 1/2 verre d'eau. Ajoutez le thym. Laissez cuire à feu très doux.


Dans une assiette creuse, battez les blancs d’œufs jusqu’à ce qu’ils moussent.

Dans une seconde assiette mettez les amandes concassées


Retirez la peau des magrets de canard. Réservez-la.


Salez et poivrez les magrets. Passez-les dans le blanc d'œuf des deux côtés puis dans les amandes mais seulement du côté où il n'y avait pas de peau.


Mettez la peau du magret à fondre dans une poêle. Retirez le surplus de peau et faites-y dorer   les magrets côté amandes et retournez-les ensuite de l'autre côté pour terminer la cuisson. Il faut compter 5 mn par côté si vous l’aimez saignant, 8 si vous le souhaitez juste rosé. Le magret ne doit pas trop cuire, il deviendrait sec. Laissez reposer 5 mn sur une grille avant de servir.



Dans les assiettes, disposez le magret et les navets confits au miel de thym.


dimanche 1 février 2015

Le navet



  

  « En attendant que ses légumes poussent, le paysan n'avait rien d'autre à faire : il navet plus qu'à poireauter... »
De Marc Hillman


Généralités :

Le navet était l’aliment de base de la cuisine médiévale. C’est une plante herbacée bisannuelle. Ses feuilles sont entières, allongées. Il fleurit dès la seconde année et ses fleurs sont jaunes. La racine est charnue plus ou moins allongée et de couleur variable : jaune pâle, blanche, noire, bicolore rose-blanc... selon les variétés, qu’elles soient précoces, de mi- saison ou tardives. 
 
Navet jaune boule d'or

Les variétés précoces
Récoltées de février à juin.
- Le navet de Milan : collet rose vif à rouge violacé et forme globuleuse, aplatie.
- Les navets nantais, navets de Croissy et navet des Vertus Marteau qui ont une forme cylindrique et sont blanches.
 
Navet de Milan à collet rose

Les variétés de mi-saison
Récoltées à la fin de l’été ou au début de l’automne.
- Le navet de Norfolk tout blanc
- Le navet de Nancy avec son collet violet et à la chair très fine
- Le navet jaune boule d’or dont la saveur est légèrement sucrée et dont la chair est jaune. 


Navet de Nancy


Les variétés tardives
Récoltées en arrière-saison voire au début de l’hiver.
- Le navet blanc dur d’hiver
- Le navet blanc globe à collet violet
Deux variétés rustiques pouvant rester en terre jusqu’en décembre.

1/2 long de Croissy


Culture : 

Le navet n’aime pas le grand soleil. Il aime un sol frais, riche en humus. Grand gourmand, apportez-lui une fumure organique l’automne avant le semis. Un apport de potasse et phosphore sont conseillés. Autant que possible, semez vos navets APRES les pommes de terre.
Beaucoup prétendent qu’on ne peut pas repiquer les navets car ils donneront des racines fourchues. C’est une erreur. Il faut simplement que vous plantiez dans un trou fait par un plantoir afin que les racines soient bien droites. De plus les racines des plants repiqués issus de l’éclaircissage seront beaucoup plus gros que ceux du semis en place. 


 
navet blanc globe à collet violet
Semis : 

Semez clair, tous les 10 cm, espacez les rangs de 25 cm. Un sol frais et acide aide à la levée des semis. La date des semis sera faite en fonction des variétés tout au long de l’année. Arrosez fréquemment et abondamment.



Jardiner avec la lune 



Semez en lune descendante en jours-racine
Récolter si possible en lune descendante en jours-fruits






Maladies et ravageurs : 

Le mildiou : du début de printemps à la fin de l’automne, mais surtout en période humide, les feuilles jaunissent et se couvrent de taches blanches et poudreuses. Elles sèchent ou pourrissent ensuite. Coupez rapidement les feuilles atteintes et traitez à la bouillie bordelaise. En prévention, par temps chaud et humide, pulvériserez une décoction de prêle.

La pourriture du navet : apparition d'une coloration noirâtre en surface, puis dans la racine.  Lors de la fumure ne mettez que du fumier décomposé bien décomposé. Il faut savoir que les variétés blanches y sont particulièrement sensibles. Pratiquez la rotation des cultures ; 3 ans sont nécessaires à enrayer la maladie. Supprimez les parties atteintes. 

L’altise est le principal ravageur : le feuillage se couvre d’une multitude de trous, dus à ces petits coléoptères noirs qui sautent lorsqu’on les touche. Les dégâts apparaissent surtout par temps sec. Arrosez régulièrement le feuillage avec une solution de savon noir, un insecticide à base de pyrèthre, ou de l’eau, ces insectes n’aimant pas l’humidité. Vous pouvez aussi épandre du marc de café ou de la suie autour des plants qui auront une action répulsive. Plantez pour la même raison du fenouil car les altises n’aiment pas son odeur anisée. 

Pensez également à lutter contre les limaces et les escargots. 


 
Navet blanc dur d'hiver

Association de plantes : 

Le navet se plait avec tous les autres légumes, sauf les crucifères (famille du chou) et l’ail. Par contre il aime la proximité des pois, de la carotte, du céleri, de la laitue, de la tomate. 


 
Navet des vertus marteaux
Navet et santé. 

Le navet a une teneur élevée en potassium et des apports non négligeables en calcium et en phosphore. Il est aussi relativement riche en vitamine C et contient toute la gamme des vitamines du groupe B sauf la vitamine B12, absente du règne végétal.