Bienvenue sur le jardin de Pestoune

Bienvenue sur le jardin de Pestoune


Bonjour et bienvenue sur le jardin de Pestoune. Vivant dans la campagne Franc-Comtoise, j'ai la chance de posséder un jardin. Dans ce blog, je voudrais partager avec vous mes expériences en matière de jardinage. Et j'espère pouvoir échanger avec vous, amis lecteurs, des conseils.
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samedi 16 mai 2015

Comment désherber son jardin sans produits chimiques

GARDEN 

Comme beaucoup de jardiniers bio, j'ai utilisé un peu de glyphosate (Roundup) pour désherber la cour d'entrée de la maison et la terrasse, croyant les dires de Monsanto selon lesquels ce désherbant se dégradait dans le sol et n'avait pas d'impact.
Mais vers la fin des années 90, on a commencé à étudier la présence des pesticides dans les eaux bretonnes et on a découvert le moyen de doser le glyphosate. Et là, grande surprise, on a découvert que les cours d'eau étaient fortement contaminés par les désherbants dont le glyphosage avec des concentrations pharaoniques.
Comment remplacer les désherbants? L'idée du désherbage à l'eau bouillante m'est venue dès 1996 en me souvenant de la pratique de mon arrière grand-mère. Mais cela ne pouvait régler tous les problèmes.
Les autres solutions sont peu à peu venues en transposant au jardin d'ornement toutes les pratiques du potager bio et en réfléchissant aux causes de l'apparition des herbes indésirables pour développer des réponses écologiques préventives. Mon livre * est le résultat de cette longue série d'expériences de jardinier et, en tant que chargé de mission environnement, des nombreuses actions de sensibilisation que j'ai menées en lien avec les pouvoirs publics (Rennes Métropole, région Bretagne) et des associations (MCE, Eau et Rivière de Bretagne, Jardiniers de France...).  



Les herbicides, principaux polluants de l'eau 

En France métropolitaine, 89% des cours d'eau et 71% des nappes souterraines sont pollués par les pesticides, dont 26% des cours d'eau avec plus de 20 pesticides différents. La situation empire année après année.
Les principales molécules trouvées dans les cours d'eau sont le glyphosate, herbicide le plus utilisé au monde (détecté dans plus de 35% des analyses) et son dérivé appelé AMPA (dans plus de 50% des analyses). Rappelons que le glyphosate est la substance active du Round up. Viennent ensuite des désherbants d'origine agricole (atrazine...) ou urbaine et agricole (désherbants pour pelouse et prairie, diuron...).

Inquiétant! D'autant que ces herbicides, largement utilisés par les agriculteurs (ils utilisent plus de 90% des 100.000 tonnes annuelles de pesticides vendus en France) et les jardiniers amateurs (8%), sont dangereux pour la santé et l'environnement (eau, flore et faune sauvages), comme l'attestent de nombreuses études dont le fameux rapport de l'INSERM de 2012 ("Pesticides, effets sur la santé"). 




Il est possible de s'en passer

On peut s'en passer, notamment dans les jardins et les espaces verts. De nombreuses solutions alternatives existent pour éviter la prolifération des herbes spontanées jugées indésirables. La plupart sont faciles, peu coûteuses et efficaces. Mais elles supposent un changement dans la manière de jardiner et de concevoir le jardin. Il faut d'abord apprendre à anticiper, car la plupart des solutions sont préventives. Il faut aussi accepter que le jardin ne soit pas aussi net qu'avec des herbicides chimiques notamment pour la pelouse et les surfaces gravillonnées ou pavées. Il faut aussi changer notre regard sur ces plantes dites indésirables. Ce n'est pas très difficile car de nombreuses plantes spontanées dans les jardins sont à la fois jolies, peu envahissantes et pour certaines, comestibles. En somme, il faut apprendre à vivre avec les plus sympa, tout en contrôlant vigoureusement celles vraiment indésirables et envahissantes là où elles ne peuvent être tolérées (potager, abords de la maison). 



Solutions autour de la maison 

Les allées, la terrasse, l'entrée du garage sont des surfaces sur lesquelles l'usage des pesticides est à proscrire car il se traduit aussitôt par une pollution des eaux de ruissellement, des ruisseaux et des rivières.
Le désherbage thermique à l'eau bouillante est l'une des meilleures solutions à condition de récupérer l'eau de cuisson de la cuisine, au lieu de la jeter dans l'évier. C'est gratuit, mais il faut passer régulièrement, entre 3 et 6 fois par an pour contrôler la situation. Évidement, il ne faut pas avoir de grandes surfaces. Pour des cours importantes et de longues allées, le désherbeur thermique à gaz est une solution acceptable, bien que d'une efficacité plus faible. En solution préventive, la pose d'un voile géotextile sous les allées est efficace. Mais on peut aussi décider d'enherber la cour et les allées, par exemple en semant du gazon entre les dalles et les pavés d'une allée ou d'une terrasse au moment de sa création, ou en laissant l'herbe se développer dans les gravillons puis la tondre régulièrement comme une pelouse. Et c'est joli. 



Dans la pelouse

La prévention est vraiment essentielle. Elle commence par le choix d'un gazon de qualité adapté au tassement, principal facteur d'installation des herbes indésirables et des mousses, c'est à dire pour l'usage jeux, sport, loisirs. Ensuite, il convient de tondre haut toute l'année, à plus de 5 cm de hauteur. La tonte habituelle, trop courte, favorise l'installation inexorable d'herbes indésirables résistantes comme le rumex, de mousses et l'arrivée de vers blancs et gris parasites du sol.
Le gazon doit aussi être nourri régulièrement et modérément. Mais pas avec des engrais chimiques. En réalité, on nourrit la vie du sol (micro-organismes, vers de terre...) qui, à son tour, nourrit le gazon tout en aérant la terre et lui évite de se compacter et de s'asphyxier.
Principales solutions: adopter la tonte mulching qui consiste à laisser l'herbe finement coupée sur place et épandre tous les 2 à 3 ans un peu de compost à la surface de la pelouse.
En solution curative, le jardinier pour extirper les herbes volumineuses comme les rumex en les arrachant avec un outil adapté. Mais là aussi, il est important de changer de regard. Nos pelouses ne sont pas des greens de golf, des gazons de prestige top modèle. Pensons à nos enfants et les animaux domestiques qui jouent sur la pelouse et, si elle est "traitée", se contaminent rapidement en imprégnant leurs vêtements, leur pelage, leur peluche, leur doudou. Est-ce vraiment raisonnable de leur faire prendre autant de risque pour une simple pelouse?




Dans les massifs végétalisés

Le contrôle des herbes indésirables est vraiment facile et efficace. Il suffit de couvrir la terre en permanence pour occuper le terrain et empêcher la germination des graines. Le panel des solutions est large. D'abord le paillage, c'est à dire la couverture du sol avec un matériau protecteur. Dans un jardin existant, il n'est pas indispensable d'acheter des paillis du commerce, souvent coûteux et peu écolos, certains venant de fort loin. Il est bien plus simple, rapide et tout aussi efficace, d'utiliser les déchets verts produits par la jardin: feuilles mortes, tonte de pelouse, légèrement sèche, restes de culture, tiges sèches, brindilles, tailles de haies coupées au cordeau, y compris les thuyas et les lauriers-palmes (ou laurier-cerise), branches....
Une heure passée à récupérer les déchets du jardin et les étaler en paillis, c'est 10 heures d'entretien de moins dans le jardin. Plus besoin de désherber, biner, arroser, bêcher, la vie du sol le faisant à notre place. Une simple tondeuse suffit pour broyer la plupart des déchets, feuilles mortes, brindilles, même les jeunes branches de rosiers, de thuya, d'arbustes persistants, jusqu'à un cm de diamètre. Au delà, il faut un broyeur. 



Dans le potager 

C'est sans doute l'endroit le plus facile à maitriser. Les solutions ne manquent pas. Faux - semis, semis en ligne étroite et désherbage mécanique (sarcloir), paillage, engrais-verts. Mais il faut anticiper, ne pas attendre d'être envahi d'herbes indésirables à graines pour réagir. 

De  Denis Pépin 
Jardinier conseil, ingénieur écologue et agronome, formateur, conférencier et auteur

Source de l'article :  http://www.huffingtonpost.fr/denis-pepin/conseils-jardinage-sans-produits-chimiques_b_7289274.html

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vendredi 27 février 2015

Protéger son potager contre les attaques de ravageurs 2






Fourmi



La fourmi a une grande utilité dans la nature, c’est donc une espèce à préserver mais il faut avouer que dans les jardins, elle peut parfois être une plaie : en période de semis lorsqu’elle emmène vos graines dans ses réserves mais aussi pour sa propension à élever les pucerons qui eux ravagent très vite les cultures. De même les fourmis dans une maison amènent rapidement des problèmes lorsqu’on les retrouve dans nos réserves alimentaires. Ces petites bêtes bien courageuses sont prêtes à tout pour remplir leur « grenier ». 



Notre but n’est donc pas de les détruire mais de les repousser et il existe plusieurs méthodes efficaces pour cela.
·         D’abord le citron ou le vinaigre : un citron coupé près d’une fourmilière, du jus de citron sur leur passage… c'est efficace dans la maison mais aussi dans une moindre mesure en raison des pluies et des rosées dans le jardin. A l’extérieur il faut donc renouveler plusieurs fois la pulvérisation d’eau citronnée ou vinaigrée sur la fourmilière
·         La craie : écrasez de la craie et mettez-en un cordon autour de ce que vous voulez protéger ou en barrage pour couper leur sentier sachant qu’elles empruntent toujours la même route.
·         Dans le même ordre d’idée : poivre rouge (pas le poivre de Cayenne), des coquilles d’œufs, de la poudre d’os, du talc, des cendres de bois,  du marc de café humide semblent faire le même effet répulsif.
·         Pour l’avoir testé, lorsque les fourmis entrent dans la maison, je récure avec une infusion de noyer, cela les éloigne. Mettez également des feuilles de noyer et des feuilles de tomates sur les fourmilières gênantes, les fourmis iront ailleurs.
·         Pour les arbres fruitiers, la bande de glu. Certes certaines fourmis seront sacrifiées mais cela dissuade les autres.
·         Il y a des plantes répulsives dont l’odeur gêne les fourmis : du basilic, de la lavande, des œillets d’Inde ou de la menthe.



Mouche de l’oignon
 
Mouche de l'oignon
Elle atteint tous les alliacées (oignons, échalotes, ails, et même les poireaux).
Ce sont les larves qui font des dégâts. De plus il y a de 4 à 5 pontes par an.
Il est important de pratiquer une rotation des cultures et de ne jamais utiliser de fumier frais. Les échalotes et les ails n’aiment d’ailleurs pas du tout les terrains fraîchement fumés.
Employez un filet anti-insectes.  Mais vous pouvez aussi saupoudrer les bulbes avec des poudres de roches avant de les planter.
Semez des carottes entre les rangs d’alliacées. Les deux variétés se protègeront mutuellement.
Les décoctions de tanaisie, purins de tanaisie ou de rue sont d’excellents insectifuges (répulsifs)
Si les insectes sont là, vous pouvez encore pulvériser une macération d’ail.


Mouche de la carotte
mouche de la carotte

Elle atteint la carotte mais aussi le céleri. La femelle pond en été une cinquantaine d’œufs. Les larves vont creuser des galeries dans les racines les rendant impropres à la consommation.
Là aussi, il est important de pratiquer la rotation de culture. Semez tôt pour récolter de bonne heure aussi. Et il faut impérativement éviter les fumures fraîches.
Couvrez vos planches avec un filet anti-insecte.
Arrosez avec la pomme d’arrosoir régulièrement de l’infusion de tanaisie ou de lavande. Ou vous pouvez couvrir les plants de feuilles de fougère (ce que je pratique), de lavande, d’absinthe, de sauge ou de tanaisie fraîches. Donc à renouveler souvent en période de ponte.
Et en cas d’infestation, traitez avec une décoction de sureau ou une macération de lavande

Rongeurs : 
campagnol des champs

Campagnols terrestres, campagnols des champs, mulots, une fois installés dans vos jardins font des dégâts considérables : poireaux à demi mangés, carottes grignotés, pommes de terre disparues, salades ou épinards couchés fanés…
Des galeries parfois à ciel ouvert, des monticules à la manière des taupes achèveront de vous persuader que les rongeurs ont investi votre espace jardinier.
Je ne vous cache pas que la lutte va être âpre. D’autant que la pratique du paillis si utile a cet effet retors de faciliter la vie du campagnol.
La première chose est de tout faire pour attirer les prédateurs naturels des rongeurs ou tout au moins leur donner la possibilité de traquer. Quels sont les prédateurs des campagnols et autres mulots ?  Les chats, les renards, les fouines, martres, belettes, hermines, les hérissons, les rapaces qu’ils soient diurnes ou nocturnes, les pies, les corbeaux. Donc si vous avez des haies, des arbres autour de votre potager, surtout ne les coupez pas, ils serviront de reposoirs pour les oiseaux et dans le même esprit vous pouvez installer des perchoirs à rapaces dans votre jardin. Pour les fouines et autres belettes, pensez simplement à mettre un petit tas de pierres pour les accueillir.

campagnol terrestre

Des touffes herbeuses denses et hautes, surtout en hiver, une prairie près de votre jardin offre un abri aux campagnols et gêne la vision des rapaces. Donc si vous en avez la possibilité, fauchez l’herbe avant l’hiver .
Ensuite il va falloir passer à l’offensive et traquer les galeries pour les détruire systématiquement. Dès qu'une galerie est repérée, détruisez-là à l'aide d'une grelinette ou d'une fourche-bêche.  C’est un travail fastidieux mais à force d’être gêné, le rongeur fuit ailleurs. Le campagnol est fainéant si l'on puis dire et n'aime pas beaucoup creuser des galeries, c'est pourquoi il occupe volontiers les galeries abandonnées de taupes.
mulot

Vous pouvez aussi asperger les galeries de purin  de sureau, d’euphorbe épurge dont l’odeur particulièrement nauséabonde aurait un effet répulsif. J’omets volontairement le ricin en raison de sa grande toxicité pour les mammifères.
Et ensuite, si l’infestation est massive et que les actions précédentes ne suffisent pas, il reste le piégeage. Pour cela il faudra repérer une galerie récente car les plus anciennes sont rarement fréquentées. Différents modèles vous sont proposés dans le commerce. L’important est de les relever plusieurs fois par jour. Les pétards pyrotechniques sont également employés. 

Les taupes
taupe

D’abord il faut faire fi des rumeurs concernant ce magnifique animal au pelage doux comme du velours. La taupe ne mange pas vos plants, ni vos racines. Si elle coupe par hasard une de vos racines, ce sera par accident parce qu’elle se trouve sur le chemin de sa galerie. La taupe est une insectivore et vous débarrasse de très nombreux nuisibles dont des larves, des vers blancs, des cochenilles, des limaces... Mais elle n’est pas hémophile non plus contrairement à ce qu’une majorité croit, donc l’épine dans la galerie ne la tuera pas.
Vous pouvez bien sûr les piéger ou les détruire avec des pétards pyrotechniques mais si la taupe fait ressembler votre pelouse ou votre potager à un champ de mine, elle n’en est pas moins très utile. Elle contribue à la bonne qualité des sols en les drainant et en faisant remonter à la surface les couches profondes du sol. D’ailleurs vous pouvez vous servir de la terre des taupinières pour améliorer votre jardin ou pour vos jardinières fleuries. De plus si vous tuez la taupe, ces galeries inoccupées seront très vite envahies par des campagnols ou des mulots.
La taupe est dotée d’une ouïe fine et d’un odorat très développés. C’est donc sur ces sens que nous allons axés notre lutte contre son envahissement en les repoussant et non en les détruisant. Le purin de sureau ou d’épurge semble efficace tout comme une branche de sureau plantée dans la galerie. Pour leur odorat fin, une baguette trempée dans du Crésyl et plantée dans une galerie ou encore une touffe de poil de chien, des boules de naphtaline (mais je crois qu’on n’en trouve plus) font de bons répulsifs.
Une éolienne à taupe (bouteille dans laquelle vous aurez découpé 4 portes et que vous aurez installé sur une tige de fer plantée dans une galerie. Le bruit émis par la bouteille qui tourne au vent les gêne) est aussi efficace provisoirement.
éolienne à taupe
Toutes ces techniques vont la repousser un peu plus loin. Si vous n’aimez pas vos voisins, petits à petits vous pourrez leur envoyer vos petites taupes :D
Au fond ce n’est que durant les mois hivernaux qu’elle travaille, le reste de l’année elle est assez discrète. Alors pourquoi ne pas la laisser vivre sa vie tranquillement en étendant régulièrement les taupinières ? C’est ce que je fais. Si toutefois elle investit trop mon potager, je mets quelques éoliennes à taupes ce qui la fait s’éloigner un peu de mon jardin. Ce sont mes légumes qui la remercient parce que grâce à elle, moins de courtilières, moins de limaces et autres vers blancs viennent les grignoter. 


En conclusion pour éviter les ravageurs :
Si vous visitez régulièrement votre jardin et faites le ramassage systématique des bestioles indésirables, si vous agissez de manière préventive, vous aurez rarement besoin d’employer des méthodes curative.
En résumé contre les ravageurs, vous pouvez employer :
  *  Les barrières physiques :
-                    voiles anti-insectes contre les mouches de la carotte, de l’oignon, la piéride ou les altises sur les choux, radis…,
-                    colliers enduits de glu sur les troncs d’arbres fruitiers contre les fourmis qui élèvent les pucerons.
   * Les pièges contre les campagnols ou les limaces.
   * Les pulvérisations de purins et autres extraits de plantes en répulsif ou traitement curatif : ortie contre les pucerons, tanaisie ou absinthe contre les altises…
   * La lutte biologique : Bacillus thurengiensis contre les chenilles, chrysopes contre pucerons, nématodes contre les limaces,
   * Les insecticides biologiques
-                   insecticides à base de pyrèthre s’attaquent au système nerveux des insectes (et des poissons…), provoquant une paralysie immédiate et donc la mort dans les heures qui suivent.
-                   insecticides à base de roténone, ils sont aujourd’hui interdit en culture biologique.
Il faut se servir des insecticides biologiques qu’en tout dernier recours car ils ne font pas la distinction entre les ravageurs et les autres insectes ce qui va une fois de plus créer un déséquilibre.

jeudi 26 février 2015

Protéger son potager contre les attaques de ravageurs 1.




Il existe des solutions naturelles pour lutter contre les ravageurs. Hormis le fait qu’elles sont plus saines, elles sont souvent plus économiques et plus efficaces que les pesticides. La 1ère solution est le filet à insectes mais il existe tout un panel de préparation, d’habitudes à prendre nous permettant d’éviter l’invasion de ces insectes. Souvent les habitudes prises sont bénéfiques dans la lutte contre différents ravageurs.

Contre les limaces et les escargots : 


Bien sûr il y a des granulés mais ceux-ci sont dangereux pour tous les prédateurs naturels des gastéropodes mais aussi pour les animaux domestiques. Le produit est extrêmement toxique.
Il y a les granulés bio : ferramol ; c'est  un concentré de phosphate de fer, élément présent dans la nature, qui se transforme en aliment pour vos plantes. Il est sans danger pour les animaux à sang chaud.
Le binage régulier permet aussi de mettre les œufs à jour qui seront très vite mangés par les oiseaux. 

Barrage :
La cendre. Répandre un cordon de cendre est un moyen très efficace pour empêcher les limaces et escargots d’atteindre les plants mais la cendre perd de son efficacité très rapidement avec les rosées matinales et plus encore avec la pluie. Donc le cordon est à renouveler très fréquemment.
Le sable fait barrage contre les limaces comme la cendre.
Un cordon de poudre de roche qui fera office d’engrais en même temps est une autre option
Le marc de café fait le même effet que la cendre et le sable.
Le sel de déneigement ou le sel de cuisine est une possibilité, s’il est très efficace, il n’est pas très écologique. En plus il fait office de désherbant et peut même empêcher la germination des semis sur la parcelle où il a été répandu.

Piège :
Prenez des tranches de pommes de terre coupées en fines rondelles, alignez-les sous une planche. Vous n’aurez plus qu’à les ramasser tous les matins.
Enterrez des bocaux qui affleurent la terre. Versez-y de la bière. Vous aurez la surprise d’y trouver des limaces au quotidien. Le risque est que, la bière semblant être un attracteur pour ses petites bêtes, vous en trouviez plus qu’avant.
Une décoction de feuilles de rhubarbe peut être aussi efficace.


Plantes répulsives :
Sauge, thym, hysope et fenouil sont des plants qui repoussent les limaces.

Prédateurs naturels :
Aménagez des abris pour les prédateurs naturels des limaces et escargots tels que le hérisson, les orvets, crapauds, couleuvres : tas de bois, tas de pierrailles. Ils s’y réfugieront tout l’hiver ainsi ils seront sur place au  printemps pour s’en délecter.

Pour lutter contre les limaces, il faut vous astreindre à une visite quotidienne de votre potager et un ramassage des limaces et escargots. Ne les détruisez pas, ils font partis de la chaîne alimentaire. Déposez-les loin de votre potager, vous ferez des heureux, y compris chez les oiseaux. Et si vous avez des canards, sachez qu’ils en sont friands. 

Contre les doryphores 



Doryphore

L’adulte hiverne dans le sol entre 25 et 40 cm de profondeur. Sa sortie a lieu au printemps après une pluie et lorsque la température du sol atteint 14°C à la profondeur d'hibernation. Il dévore alors les jeunes feuilles de pomme de terre.
La femelle commence à pondre dès l’accouplement (700 à 800 œufs) Un doryphore adulte  vit 1 à 2 ans.
La larve, quant à elle,  se nourrit du feuillage de la plante-hôte ; elle subit 3 mues et parvient à son complet développement en 15 jours. Elle s'enfonce alors dans le sol entre 2 et 20 cm de profondeur pendant 8 à 15 jours où elle subit une nouvelle mutation.
La durée totale du cycle est de 5 à 6 semaines. L'apparition très échelonnée des adultes commence à partir d'avril ; les adultes de 1ère génération apparaissent en juillet et se nourrissent abondamment. Une partie d'entre eux se reproduit, les autres s'enfouissent dans le sol et entrent en diapause ( forme de vie ralentie). Compte tenu de la longévité des adultes, les générations annuelles se superposent et tous les stades s'observent simultanément dans les champs. Fin août-début septembre, les adultes survivants s'enfoncent dans le sol pour hiverner. Les adultes et les larves détruisent partiellement ou totalement le feuillage de la pomme de terre ou des autres solanées. En cas de forte invasion, la récolte est très diminuée. (source : INRA :
Le doryphore à ceci de particulier qu’il a une résistance à presque tous les pesticides utilisés contre lui. Cet insecte a colonisé quasi toute la planète et la lutte est difficile.
Les expériences ont montré qu’il y a moins d’infestation dans les parcelles à culture diversifiée que dans les parcelles à mono culture.
Pour ce qui est des pommes de terre, certaines sont plus attirantes que d’autres. L’agata par exemple semble moins plaire aux doryphores alors qu’ils raffolent de l’amandine.  Donc repérez les variétés résistantes et essayez de les privilégier.
Faites une rotation de culture sur 4 ans. 
 
Oeufs de doryphore
Prédateurs naturels :
Les coccinelles s’attaquent aux très jeunes larves donc une fois de plus, nous voyons la nécessité de les protéger.
Si vous avez des poules, elles seront vos meilleures alliées. Lâchez-les dans vos pommes de terre, les doryphores n’y survivront pas, les taupins non plus.
L’être humain. Et bien oui, le ramassage manuel et quotidien est un moyen écologique et sûr d’éliminer les doryphores, leurs larves et accessoirement leurs grappes d’œufs collées sous les feuilles. 

Les associations de plantes
Tout d’abord les associations de plantes ne fonctionnent que si l’insecte n’a pas encore colonisé les lieux. Le doryphore installé ne sera plus chassé par aucune autre plante. On pense que les odeurs de certaines plantes sont suffisamment puissantes pour masquer celle de la pomme de terre ce qui fait que le doryphore ne détecte pas son met favori.
Validé scientifiquement l’association des pommes de terre, aubergine ou tomate et des petits pois a fait ses preuves.  Le petit pois aurait une senteur suffisamment prononcée pour induire le doryphore en erreur. L’ail et le ricin entre les rangs aurait le même effet.
Pour ce qui est des autres associations que je pensais efficace, je revoie mon jugement après cette étude :
Ensuite à vous de tenter l’expérience.

Insecticide naturel
Pulvériser une solution Hydro-alcoolique de Propolis (1 cuillère à soupe de teinture mère + 1 cuillère à soupe de solution aqueuse (macération de la propolis dans de l’eau) pour 10L d'eau)
Bacillus thuringiensis : c’est un biopesticide se servant d’un bacille que l’on trouve partout dans la nature.  Utilisé dans la lutte contre les insectes depuis les années 50 il est un allié dans les cas d’infestation massive. Sensible aux rayons UV il faut l’utiliser en fin de journée.
La particularité de Bacillus thuringiensis tient à sa capacité à synthétiser et excréter des cristaux protéiques toxiques pour certains insectes. Ces cristaux, composés de protéines, sont également appelés toxines Bt ou Cry : une fois ingérés par les insectes (généralement lors des stades larvaires), les cristaux rencontrent, dans l'intestin moyen des insectes, un milieu alcalin qui entraîne la dissolution des cristaux et leur transformation en protéines toxiques. Ces protéines réagissent avec la paroi intestinale de l'insecte : en détruisant les cellules qui la composent, elles creusent des trous dans la paroi. Deux conséquences pour l'insecte : il cesse de s'alimenter dans les heures qui suivent l'ingestion, et les bactéries naturellement présentes dans l'intestin (=la flore intestinale de l'insecte), ainsi que  les Bacillus thuringiensis, se répandent dans l'organisme et entraînent une septicémie, c'est-à-dire une infection généralisée. L'insecte meurt en quelques jours. (source : http://www.gerbeaud.com/jardin/decouverte/bacillus-thuringiensis.php )

Contre les pucerons 

Pucerons verts, pucerons noirs, pucerons mauves, pucerons lanigères, ils s’attaquent à quasiment tous les végétaux. Ces insectes vivants en colonies peuvent causer pas mal de dégâts et même donner des maladies. Une chose à savoir, si vous voyez des fourmis en action dans votre potager, vous pouvez être certains qu’il y a des pucerons quelque part car en effet les fourmis « élèvent » les pucerons pour les « traire ». Donc une des façons de lutter contre les pucerons est d’éloigner les fourmis. Je ferais un petit paragraphe à ce sujet après celui-ci. Evitez aussi de trop fumer votre potager.
Ensuite pour lutter contre les pucerons, il y a différentes méthodes : se servir de plantes attractives et laisser les pucerons les coloniser ce qui les éloigne des autres plants, se servir de préparations ou de plantes à action répulsive, attirer les prédateurs ou alors l’attaque foudroyante pour détruire ces insectes par différentes méthode. 

Les prédateurs du puceron
Vous avez la coccinelle bien sûr et sa larve plus grande consommatrice encore que l’adulte. Plus efficace encore le chrysope (Pour les abriter, fabriquez une boîte en bois percée de nombreux trous (de différents diamètres allant de 8 à 15 mm) et garnie de paille), certaines guêpes, mille-pattes, le perce-oreille, les carabes mais aussi les mésanges.
Il y a plusieurs méthodes pour attirer les prédateurs : des hôtels à insectes, des pots retournés avec de la paille dedans, certaines fleurs dans lesquelles les coccinelles se reproduisent (achillée et tanaisie par exemple que vous pouvez laisser dans un pot de fleurs et que vous déplacerez), sans oublier les nichoirs pour les oiseaux.

A l’aide de plantes :
Vous avez le choix entre les plantes répulsives ou les plantes attractives.
Avec les plantes attractives, vous faites le sacrifice de la plante en question mais les autres seront épargnées par les pucerons. Je vous conseille la capucine.
En plantes répulsives, vous n’avez que l’embarras du choix : lavande, absinthe, œillet d’Inde, menthe, sarriette.

Trucs de grand-mère
Oui, ce sont de vieilles recettes mais qui fonctionnent. Le 1er est le traitement à base de savon noir (une cuillère à soupe de savon noir dans un litre d'eau) à faire régulièrement et dans la même veine, vous pouvez utiliser de l’huile d’olive à la place du savon noir. Cela ne détruit pas les insectes mais le support devenant glissant, ils ne peuvent plus s’agglutiner sur les plants.
En cas d’infestation la méthode dont se sert mon frère : un mélange lait-eau pour moitié. A pulvériser sur les pucerons. La caséine du lait asphyxie les insectes qui meurent rapidement.
Un jet d’eau puissant sur les pucerons les fait se décrocher aussi mais gare aux jeunes plans fragiles.

Traitements à base de plantes :
Les purins d’orties et de prêle sont d’excellents remèdes préventifs car ils renforcent les parois des plantes les rendant ainsi plus résistantes aux piqûres des pucerons.
En traitement curatif, plusieurs purins ou décoctions sont efficaces : l’ail, l’absinthe, l’ortie, la tomate, la décoction de feuilles de rhubarbe (faites tremper 500 g de feuilles dans 3 litres d'eau pendant 24 heures puis portez à ébullition 20 à 30 mn) …

Un geste simple vous évitera une infestation de vos plants. Lors de vos visites quotidiennes, observez vos légumes. Sachant que les pucerons s’agglutinent au bout des jeunes pousses, dès que vous les voyez, glisser la pousse infestée entre le pouce et l’index pour écraser les insectes. Cela vous évitera des traitements ultérieurs.
Un dernier geste à faire pour les vergers. Nous l’avons vu au début, les fourmis élèvent les pucerons et ce sont même elles qui transportent les femelles pucerons fondatrices d’une colonie en bout de branches, donc il faut éviter qu’elles montent dans les fruitiers, pour cela entourez vos troncs à 50-60 cm de hauteur d’un papier jaune enduit de glu que vous trouverez dans les jardineries. 

Les chenilles 

Ce petit animal qui est le stade larvaire des papillons quelques soient les espèces, font des dégâts considérables et à une vitesse impressionnante. Feuilles dévorées, enroulées (avec ou sans présence d’un cocon visible), tiges coupées, présence de galeries dans les fruits, dans le bois ; autant de preuves de la présence de chenilles (au pluriel car elles sont rarement isolées).
Un réflexe important au cours de la visite quotidienne de votre potager et de vos fleurs, c’est le ramassage manuel du moindre individu osant trôner sur vos plantations. La lutte doit être sans merci. Si vous constatez une attaque plus massive, attendez la tombée de la nuit, là chenilles et limaces sortent et vous ferez une « récolte » impressionnante. Le ramassage manuel est sans doute la méthode la plus efficace. Ensuite vous les détruisez ou vous les déposez plus loin dans la nature selon votre conscience écologique.
 
papillon de la piéride du chou
Les purins de plantes sont aussi efficaces. Contre les carpocapses, l’absinthe ; contre le ver gris ou noctuelle : l’absinthe ou le sureau ; contre la piéride du chou : absinthe, tomate et de la fougère fraîche renouvelée régulièrement en paillage pendant la période de ponte du papillon de la piéride ; l’ail, le genêt, l’absinthe, le sureau conviennent contre toutes les chenilles…

Pulvérisez le biopesticide à base de Bacillus thuringiensis (appelé dans le commerce anti-chenilles biologique), qui est efficace contre  un grand nombre de chenilles, mais complètement inefficace contre les carpocapses des pommes, poires ou prunes.
Renouvelez leurs applications tous les 10 jrs jusqu'à disparition. Application par temps sec, en fin de journée et à renouveler après une forte pluie.

Chenille de la piéride du chou